mardi 11 décembre 2012

La Glande à Luang Prabang

Oui, je pense que c'est le bon mot pour définir nos activités dans cette charmante ville laotienne. Non pas par ennui ou par flemme (bon, peut-être un peu pour cette dernière raison), mais bien parce que Luang Prabang s'est révélée être le lieu de consécration du farniente par excellence.









Troisième ville du pays par sa taille, mais première par sa beauté et sa richesse culturelle (d'après les "on dit" hein), Luang Prabang ressemble surtout à une grande bourgade de campagne, situé sur un site exceptionnel. Elle s'étend sur une langue de terre toute en longueur, au confluent du Mékong et de la rivière Nam Khan, et est entourée de collines verdoyantes et de monts couverts de forêt tropicale. Idéal. Le climat y est clément,  c'est-à-dire supportable en journée, et agréablement frais en soirée. De plus, on y trouve quasiment pas de bâtiment moderne, ou alors dans un style en adéquation avec l'architecture traditionnelle, et aucune maison ou hôtel ne dispose de plus de deux étages. Une ville totalement horizontale donc, et dont la splendeur l'a naturellement conduite à se faire classer au Patrimoine Mondial de l'UNESCO.







Pour toutes ces raisons, de nombreux touristes du monde entier, avides de découvrir le Laos et déçus par Vientiane, la capitale, s'y retrouvent et se laissent happer par la fausse torpeur de la ville, ses terrasses ombragées aux vues imprenables, le sourire de ses travailleurs (qui dépendent pour une grosse majorité de l'activité touristique), et sa vie nocturne endiablée, qui malgré le couvre-feu en vigueur est tolérée, voire clairement favorisée dans certains endroits "branchés". Nous avons rencontrés certains voyageurs qui n'aimaient pas cette affluence étrangère massive, ce que je conçois aisément, mais pour notre part, sûrement car nous en avions besoin, nous nous sommes laissés portés par la fausse effervescence ambiante, et y avons trouvé notre compte. Surtout que s'est déroulé pendant cinq jours cette semaine un festival de cinéma asiatique qui proposait bon nombre de films et de spectacles à travers la ville entière.











Ainsi, après la rituelle découverte de la ville, la visite de certains de ces temples, le visionnage d'expositions  et l'ascension du Mont Phousi _qui domine le centre-ville de sa stupa et offre une splendide vue dégagée sur les édifices proches, le fleuve et les environs_ nous avons loué des vélos afin de sillonner plus en profondeur et faciliter nos déplacements, découvrant au passage petits restaurants, bars sympas et piscines excentrées. Autant vous dire que nous avons littéralement sauté dans ces dernières, jouant des heures avec des gamins ou faisant les cons avec des potes de route. Je sais qu'il est délicat de parler de chaleur et de baignade quand la plupart des lecteurs de ce blog sont en train de se cailler les miches dans le froid et la neige, mais bon, c'est aussi ça, l'intérêt du voyage à l'autre bout du monde... 























Nous avons également eu la chance de rencontrer des gens sympas, notamment des français, et notre groupe s'est peu à peu agrandi jusqu'à former un véritable gang, que les tenanciers de bars sont heureux de voir débarquer, car nous participons activement à la réussite de leur commerce, cela va sans dire. Comme Léo et Félix, deux grenoblois avec qui nous avions fait le trajet en bus depuis Houeixay et qui crèchent dans la même guest-house que nous. Ou Charles, le gai-luron parisien, arrivé dix jours plus tôt et s'étant fait une certaine réputation en allant systématiquement parler à tout le monde, sans exception. Puis Pierre, de Paris également, Anaïs, Laura, et j'en passe... Ou encore Vinnie, "le fantôme de Luang Prabang", énergumène franco-vietnamien que l'on retrouve partout, tout le temps. Nous aurons également sympathisé, le temps d'un verre, d'une soirée, ou en coup de vent, avec bon nombre d'américains, tels Matt et ses potes, David, notre voisin métisse solitaire, ou Mike et Alexander, avec qui nous aurons chanté au Mojo Bar, des argentins, des suédoises, bref, des gens du monde entier... Et ça, ça n'a pas de prix, croyez-moi. Enfin, pour notre plus grand plaisir, nous avons retrouvé Marjolein, la hollandaise rencontrée à Bangkok, puis revue à Chiang Mai, qui malheureusement a fini son voyage, mais avec qui nous aurons passé de délicieux moments, notamment une séance de yoga avec Samia. A tous ces gens, lorsqu'ils liront ces lignes, je leur adresse un énorme "big up" et les embrasse de bon coeur.






 






La suite de notre périple laotien n'est pas encore fixée, étant donné que Vientiane est apparemment une ville sans intérêt, et que toutes les guest-houses de Vang Vieng ont fermées à cause du nombre de touristes qui se flinguaient dans les rochers en faisant du tubing bourré... Mais il est vraisemblable que nous passions quelques jours dans le nord avec le Gang "Bopéniang" (y a pas de problème, en lao), avant de revenir en ces lieux. A bientôt donc!




mardi 27 novembre 2012

Le Laos

L'actuel drapeau du Laos fut tout d'abord utilisé de 1945 à 1946 par le gouvernement indépendantiste Lao Issara. Il a ensuite été repris par l'organisation communiste du Pathet Lao, qui en fit le drapeau national lors de sa prise du pouvoir, en 1975.

La couleur rouge représente le sang versé pour l'indépendance, et le bleu représente le Mékong, ou la santé du pays. Le disque blanc symbolise la Lune, ou l'unité du pays sous le gouvernement communiste.



LE LAOS


Ce petit pays, anciennement appelé "le Royaume au Million d’Éléphants", devenu la République démocratique et populaire du Laos en 1975, est le moins développé du sud-est asiatique. La domination coloniale française, un conflit fratricide, et un socialisme dogmatique ont bien failli l’annihiler complètement, et pas moins de 10% de la population a fui dans les années 1970. Aujourd'hui, après un isolement total d'une quinzaine d'années, ce pays sans littoral, entouré de nations dynamiques et disposant de plus de ressources, peuplé de seulement 7 millions d'habitants, s'ouvre petit à petit au monde extérieur et voit dans le tourisme un moyen de sortir enfin la tête de l'eau.

Le Laos est effectivement encadré par la Thaïlande, le Cambodge, la Chine et le Myanmar. Les fleuves et les montagnes dominent la topographie du pays, et 70% de l'espace est forestier, le reste étant voué à l'agriculture (principalement des rizières, du café, du thé et du tabac). Le plus grand fleuve, le Mékong (Nam Khong), traverse le pays du nord au sud et représente l'artère principal du transport et du commerce laotiens.

Vientiane est la capitale du pays, mais se fait devancer par Luang Prabang en termes de richesse et d'économie (sûrement à cause de sa position privilégiée en amont du fleuve). Les autres "grandes" villes du pays sont Paksé au sud, Luang Namtha au nord, et Sam Neua à l'est. Toutes disposent d'un aéroport et servent de camps de base pour des excursions touristiques.

Près de 75% des laotiens, principalement ceux des campagnes, sont bouddhistes Theravada. La seconde principale religion est le culte de Phii, une dévotion spirituelle qui est officiellement interdite. Quant aux tribus les plus reculées, elles pratiquent l'animisme, ainsi qu'une version chrétienne du culte "Cargo", croyant que Jésus-Christ reviendra en jeep et en tenue de combat pour délivrer les siens à coups de Famas ou de M416. Pourquoi pas?

Le pays fut longtemps occupé par les Thaïs et les tribus montagnardes Hmong-Mien. Les premières principautés du Laos furent consolidées au XIIIème siècle, après l'invasion de la Chine par les hordes mongoles de Kublai Khan. A la moitié du XIVème, un guerrier Khmer, Fa Ngum, fédéra un certain nombre de principautés dispersées autour de Luang Prabang, pour former son propre royaume, Lan Xang ("Million d’Éléphants"). Mais les divisions internes et les pressions voisines causèrent son fractionnement au XVIIème siècle en trois royaumes ennemis.

Plus tard, en 1820, pris entre les feux Thaïs et Vietnamiens, le Laos prit la curieuse décision de déclarer la guerre au Royaume de Siam (Thaïlande), qui en prit le contrôle intégral, avant de le céder à l'Indochine Française à la fin du XIXème siècle. Puis les japonais occupèrent l'Indochine pendant la Seconde Guerre Mondiale, et à leur défaite, le groupe résistant Lao Lissara fut formé afin d'empêcher le retour des français. L'indépendance fut réalisée en 1953. De 1964 à 1973, les américains attaquèrent le Vietnam, alors pays allié, et le Laos eut la malheureuse distinction d'être le pays le plus bombardé pendant la guerre.


Capitale: Vientiane
Superficie: 236 800 kms
Population: 6 477 211 hab. (2011)
Densité: 27,4 hab/km²
Population urbaine: 33%
Espérance de vie: 56 ans
Fuseau horaire: + 7 heures
Niveau de vie: 73% de la pop. à moins de 2$/jour
Monnaie: Kip (LAK) 1 euro = 10 000 Kips
Langues: Lao, dialectes Thaïs, français et anglais
Chef de l'état: Lieut. Général Choummaly Sayasonne
Chef du Gouv: Thongsing Thammavong (2010)
Régime: République à idéologie marxiste (1975)

dimanche 25 novembre 2012

Le Nord et le Triangle d'Or


Sawat di Khrap, les amis ! Sabaïdi ru ? Ici, comme vous pouvez l’imaginez, c’est l’éclate, et chaque jour amène son lot d’émerveillement. Voici donc venu le moment de vous narrer nos péripéties de cette dernière semaine en Thaïlande du nord, avant de passer au Laos.



On peut dire que nous n’avons pas chômé depuis Chiang Mai ! Tout d’abord, nous nous sommes rendus à Chiang Rai, où nous avons passé deux jours, essentiellement pour nous reposer de toutes nos activités éreintantes, comme de jouer avec des tigres, de faire du rafting, de nous balader à dos d’éléphants ou de nous baigner dans des cascades. Pour tout vous dire, Chiang Rai est la ville idéale pour faire un break, étant donné qu’il n’y a strictement rien à y faire, à part peut-être de se promener le long de la rivière, boire des bières, ou encore de flâner dans le Night Bazaar en grignotant les spécialités locales. J’en ai donc profité pour monter une petite vidéo, intitulée « Crazy Thaïland », disponible dans la rubrique du même nom juste au-dessus de cet article. J’espère qu’elle vous plaira !







Après cela, nous sommes allés à Chiang Saen, un charmant village au bord du Mékong, face au Laos, où nous avons loué un scooter afin d’explorer le fameux Triangle d’Or. La région est magnifique. Pas seulement la route qui longe le fleuve, et qui offre tout du long une vue splendide sur la rive laotienne, mais bien l’ensemble de la région. Nous nous sommes donc allègrement perdus dans les petites routes de campagne pour jouir des champs de canne à sucre, des rizières, d’un coucher de soleil sur un beau petit lac, ou du panorama que nous offre le Wat Phra That Pha Ngao (oui je sais, ils auraient pu choisir un nom plus simple), un superbe temple de style birman qui domine les environs du haut de sa colline.




 
 





















A 9 kilomètres de Chiang Saen se situe la petite ville de Sop Ruak. Rien de bien particulier dans cet endroit, si ce n’est qu’il représente le cœur du Triangle d’Or, une vaste zone géographique couvrant une partie de la Thaïlande, du Myanmar (Birmanie) et du Laos, que l’on peut effectivement embrasser du regard, à l’endroit où se rejoignent la rivière Mae Nam Ruak et le Mékong. A l’origine, ce sont des tribus chinoises et sino-birmanes qui commencèrent la culture du pavot dans les montagnes couvertes de jungle de la région. Les caravanes d’opium descendaient vers le fleuve, où la drogue était chargée dans des bateaux, cachée au milieu des denrées communes, puis convoyée vers les pays friands de la chasse au dragon. Dans les années 1950, ce commerce plus que lucratif tomba entre les mains du KMT (Kuomintang), utilisé et couvert par la CIA pour ses opérations en Asie du sud-est, mais prit (plus ou moins) fin _ du moins aux abords de Sop Ruak _ en 1965, lorsque les autorités substituèrent café, tabac, et divers fruits et légumes aux champs de pavot. Aujourd’hui, bien que le narcotrafic ne soit pas entièrement éradiqué, la Thaïlande est souvent considérée comme l’exemple le plus réussi de remplacement de l’opium. J’imagine que quelques milliers de tonnes leur passent tout de même sous le nez chaque année, via le trafic fluvial grandissant sur le Mékong… M’enfin !



 



Nous sommes également bien tombés à Chiang Saen, vu que ce weekend se déroulait le festival de l’eau (ou des lumières, on n’a pas bien compris, personne ne parle anglais ici). Danse, karaokés, feux d’artifices et envolées de lanternes sont de mises sur les bords du fleuve, et Samia fut même invitée à danser en rond dans l’enceinte d’un temple par le Collectif des Petites Vieilles Thaïes de la ville. Sacrée consolation par rapport à l’incendie qu’elle a provoqué en brûlant notre première lanterne volante, réduisant à néant nos souhaits les plus chers ! Quant à moi, je me suis légèrement brûlé les sourcils en embrasant le Mékong d’un splendide feu d’artifice à rallonge, quand Monsieur et Madame Tout le Monde se contentaient de faire péter une, voire deux fusées maximum. Ils n’ont aucun sens de la démesure ces thaïlandais !


 





Enfin, nous sommes repartis vers Chiang Khong à bord d’un songthaew (taxi collectif) pouvant contenir treize personnes, mais qui en réalité en comptait dix-huit. En gros, j’étais accroché d’une main à l’arrière du véhicule pendant que Samia partageait le siège passager avant avec une fille enceinte. C’était épique. Surtout lorsque le chauffeur nous a lâché à mi-parcours, au milieu de nulle part, arguant que d’autres taxis viendraient nous prendre… En effet, nous l’avons revu une demi-heure plus tard, à vide, nous proposant de nous emmener à destination pour la modique somme de 500 bahts ! Fort heureusement, un pick-up de livraison rempli de gallons d’eau passait par là, et moyennant un coup de main pour décharger leur cargaison et récupérer des bidons vides, ils nous ont pris avec eux et nous ont emmenés à bon port gratuitement. Comme quoi, il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions…





Demain, nous quittons le pays. Après avoir rempli les formalités d’usage et acheté notre visa laotien, nous prendrons un bus pour Luang Prabang, d’où nous gagnerons le sud par bateau, en descendant le Mékong. Lo tàn !