mardi 12 novembre 2013

Arnaques, Clim et Mécanique...


Hum… Bon… Bin c’est pas la fête… Enfin, ça va mieux maintenant, hein… Beaucoup mieux même ! Mais disons que nous venons de passer, encore une fois, un sale moment. Une sale période même ! C’était tout pourri, comme aime le souligner Samia, au moins quinze fois par jour, comme ça, juste histoire de… Bref… Les événements que je m'en vais vous conter sont déjà vieux de trois semaines/un mois, mais il est essentiel d'en prendre connaissance pour comprendre ce qu'il s'est passé ensuite. 




Je vous avais laissé dans le dernier article aux portes de Broome, alors que nous repartions en maraude, confiants et sereins, insouciants… crétins. Munis d’une nouvelle pompe à essence, nous nous sommes remis en route, en direction de Port Hedland, mais au bout de 150 kilomètres environ, une odeur de brûlé, de plus en plus persistante, vint chatouiller nos narines. Nous ne nous sommes pas alarmés immédiatement, mais lorsque de la fumée s’est échappée de l’autoradio, que tous les voyants du tableau de bord se sont mis à clignoter furieusement, et que les essuie-glace ont commencé à danser la gigue, nous avons bien du admettre qu’il y avait peut-être un problème, et que nous ferions mieux de nous arrêter sur le bas-côté. Plus de contact. Nous étions de nouveau en panne au milieu du désert. La misère sa mère…




Sauf que cette fois, la panne était un tantinet plus grave. En effet, l’odeur de brûlé provenait en fait de nos deux batteries, qui avaient complètement cramé. De la fumée s’échappait d’à peu près toutes les connectiques, la batterie principale projetait encore des jets d’acide, tandis que la deuxième s’était déjà vidée, brûlant tout le bois et le contreplaqué du caisson autour d’elle… Fusillée également, notre pompe à essence électrique flambant neuve ! A quarante kilomètres de la road house la plus proche (cela aurait pu être pire), sans réseau téléphonique, nous étions dans la merde. Mais la belle merde, hein ! Un gros caca de compèt ! La bouse ultime d’une vache gavée au jus de pruneaux ! Fort heureusement, nous avons eu de la chance dans notre malheur. En effet, nous sommes tombés sur des gens adorables, qui les uns après les autres nous sont venus en aide, spontanément. Tout d’abord, un jeune mécano du nom de Will s’est arrêté, et est resté plus de deux heures en notre compagnie, à tenter de bricoler notre moteur pour que nous puissions au moins avancer jusqu’à la prochaine ville. Sans succès, certes, mais il aura essayé… Il nous aura également permis d’appeler notre assistance dépannage, qui ne nous proposait qu’un remorquage à 1600 $, au vu de la distance à parcourir. Ce qui était hors de question évidemment. Nous avons donc conçu un plan B.




Après une nuit passée au bord de la route, nous avons essayé de stopper des véhicules, pour qu’ils nous remorquent jusqu’à la road house de Sandfire. Seulement, nous n’avions qu’une petite sangle de rien du tout, bien insuffisante pour tracter un gros pépère comme Mushi ! Se sont arrêtés alors un Néo-zélandais, qui voulait bien nous aider, mais qui avait peur de flinguer sa bagnole de location, puis un chauffeur de road train, qui nous a donné comme ça, gratuitement, une longue et solide sangle pouvant supporter plusieurs tonnes, ainsi qu'un bidon d'eau de 5 litres. Samia est donc montée dans la voiture du Kiwi, pendant que je m’escrimais à maintenir la tension de la corde sur quarante kilomètres. Ce n’est pas génial, la première fois, je déconseille vivement… Arrivés à Sandfire, nous avons pu joindre Paul et Audrey, qui étaient restés à Broome, et leur avons demandé de nous rejoindre, en ayant racheté au préalable une batterie et une fuel pump de rechange (au final, notre garagiste leur a filé cette dernière gratos). Dès le lendemain, nos sauveurs nous rejoinrent, et je pus changer les pièces, après que les gentilles dames édentées de la road house nous aient fait payer une douche à moitié prix, et offert de quoi manger. Nous étions sortis d’affaire !






Mais non. Au bout de 150 bornes environ, le même problème survint de nouveau, cramant les nouvelles pièces, et nous dûmes nous rendre à l’évidence : l’alternateur était mort, et surchargeait tout le système électrique. Après avoir harnaché Mushi au van des copains, ces derniers nous ont tant bien que mal tiré sur 150 kilomètres, jusqu’à Port Hedland. Encore une fois, démerdez vous autrement si vous le pouvez, car c’est une expérience indéniablement traumatisante, qui requiert une concentration absolue. En gros, ça m’a lessivé. De même que Paul, qui conduisait devant. Et nous n’étions pas au bout de nos peines, puisque arrivés en début de week-end, nous devions attendre le lundi suivant pour trouver un garage. Immobilisés, moroses et dépités, nous avons qui plus est regardé partir encore une fois nos amis, et nous sommes donc de nouveau retrouvés seuls. La tristitude ultime, Opus 2… Puis nous avons démarché des garages, et le seul qui pouvait nous recevoir rapidement se situait à 20 kilomètres de là. Nous dûmes donc faire appel (Encore !) à notre road assistance, qui cette fois accepta de nous envoyer un dépanneur gratuitement (Encore heureux…). Le mec, un gros Maori comme on en voit parfois ici, était très sympa. De même que les types du garage d’ailleurs… au début… Ils le devinrent beaucoup moins quand nous apprîmes qu’ils facturaient 160 $ de l’heure.




 


Le garage disposait d’une salle d’attente « de luxe », dans laquelle nous avons pratiquement séjourné trois jours durant. On ne va pas se plaindre des conditions : clim, cuisine équipée, toilettes, douches, canapés confortables et télé gigantesque, seulement, trois jours… c’est long ! Il leur a fallu en fait toute la matinée du premier jour avant qu’ils puissent s’occuper de nous, et tout l’après midi pour checker Mushi, établir un devis, et nous annoncer qu’il faudrait attendre le lendemain pour recevoir un nouvel alternateur. Là où ils ont été cool, c’est qu’ils nous ont remorqué derrière le garage à la nuit tombée, en laissant une grille entrouverte pour que nous puissions profiter de la salle de bains. La deuxième journée fut sympa, bien qu’un peu longuette, car nous fûmes rejoints par des connaissances rencontrées à Broome, qui avaient également des soucis de van. En fin d’après-midi, nous étions parés, l’alternateur et les batteries changées, une énième pompe à essence installée, et une facture de 1192 $ payée (Aaaaaarrrghhh !). Mais bon, la sérénité n’a pas de prix, et puis c’est le jeu, quand on achète un véhicule en Australie. Le problème, c’est que deux heures plus tard, nous cahotions au bord de la route, comme au tout début de cette histoire sans fin.










Nous dûmes donc revenir, le troisième jour, pour entendre dire au bout de cinq heures et après avoir déboursé 330 $ supplémentaires, qu’il fallait changer le carburateur, mais que cela prendrait une semaine pour le faire venir de Perth, et que de toute façon ils ne pourraient pas le faire, ne s’occupant que de véhicules Diesel… La blague... je dois vous avouer qu'à ce moment précis, nous étions un peu désemparés, déboussolés et encore plus dépités. Néanmoins, quelque chose de positif s'est alors produit. En effet, durant les cinq heures passées sur notre carbu, les garagistes en avaient tout de même profité pour nettoyer les arrivées d’essence, la tuyauterie, et sûrement d’autres machins compliqués, et sans même le savoir ont en partie réglé le problème. Ou alors ils le savaient, étaient foncièrement malhonnêtes, et ont essayé de nous la mettre bien profond. Au choix... Quoi qu'il en soit, Mushi n’a plus bronché par la suite. Bon, nous étions toujours dans le doute, alors, après avoir roulé une centaine de kilomètres en ville, et n’en pouvant plus de Port Hedland, ses usines, et ses multitudes de « sandflies » qui nous bouffaient toutes les nuits, (d'ailleurs, elles ne vous bouffent pas ces saloperies. Apparemment, elles vous pissent dessus, et cela vous démange pendant des jours, à vous gratter jusqu'à l'os!), nous avons décidé de tenter le coup.






Sautant le fameux Karijini Park pour plus de sécurité, nous avons filé directement le long de la côte vers Karatha. Ce furent les 240 kilomètres les plus longs jamais parcourus, avec toujours cette appréhension de retomber en panne. Mais finalement, nous l'avons fait. Mushi a tenu bon. Samia désirait attendre encore un peu, et tenter de rencontrer d'autres garagistes, mais je pressentais que le problème serait le même, qu'il faudrait patienter indéfiniment et raquer nos mamans. Donc, jetant mes derniers atouts dans cette partie inégale et statistiquement en notre défaveur, j'ai tenté le tout pour le tout, et nous avons pris la route du sud, soit plus de 500 bornes sans ville, sans garage, sans chemise et sans pantalon... Sans rien en fait. Grand bien nous prit, car j'ai remporté la bataille! C'est un miracle que le van ait tenu jusque là, mais cela nous a au moins permis de rattraper un peu notre retard, de retrouver complètement par hasard nos potes Max et Caro sur une rest area, au cœur de la nuit, puis de rejoindre Exmouth et d'y retrouver pour la cinquième fois Paul et Audrey! Un sacré périple, non? Et bien je peux vous dire aujourd’hui que je ne suis pas prêt à recommencer de sitôt! M'enfin, c'est passé, et comme je vous le disais en intro, cela va beaucoup mieux maintenant. D'ailleurs, je vous invite à patienter juste un peu avant de lire l'article suivant, beaucoup plus festif et plein de bonnes surprises! A tout de suite!




mardi 15 octobre 2013

Broome la Belle




Mais que m’arrive-t-il ? Trois articles en dix jours, contre deux en trois mois, lorsque nous étions à Darwin ! Il faut croire que j’ai retrouvé le goût d’écrire. Et nous avons bien plus à raconter, maintenant que nous avons repris la route. Enfin, la couverture wifi est excellente à Broome, et je ne sais absolument pas si nous en retrouverons une aussi bonne avant d’arriver à Perth. Donc j’en profite.




Tout d’abord, laissez-moi vous rassurez sur un point. Mushi va mieux. Du moins pour l’instant, il semble sorti d’affaire. Le garagiste à qui nous avons eu affaire, un vieux gars bourru de Tasmanie, incompréhensible, s’est révélé très bon, et a su déterminer assez rapidement la cause de nos malheurs. En fait, ce n’était pas un élément du circuit de refroidissement, comme nous le pensions, mais la pompe du moteur qui n’alimentait plus assez ce dernier en essence. C’est pourquoi le van avançait en soubresauts, aux moments où il tombait en rade, comme quand le réservoir est à sec. Bref, une heure plus tard, nous avions une nouvelle pompe à essence électrique (pour 215$, main d'oeuvre comprise). Seulement, la nouvelle pièce émettait un cliquetis assourdissant, et nous dûmes attendre quelques jours de plus pour en avoir une plus performante. Nous qui ne voulions pas nous éterniser à Broome! Quoi qu'il en soit, j'ai mis ce temps à profit pour refaire une beauté à notre petit Mushi, notamment en réinstallant de nouvelles moustiquaires extérieures, plus grandes, en le repeignant à la bombe, et en apportant quelques petites améliorations intérieures, fonctionnelles et décoratives. Il ne manque donc plus que les barres de toît, afin d'installer un réservoir de douche, ainsi qu'une bâche de auvent. Je pensais également à mettre un pare-buffle orné d'un crâne de taureau, des jantes en alu chromé avec des pointes et une tourelle rotative armée d'une 50 mm sur le toît, mais Samia n'avait pas l'air trop emballée...  Je crois qu'elle n'a jamais vu Mad Max, c'est pour ça! Enfin, Mushi est prêt à reprendre la route et nous sommes dorénavant confiants quant à la suite du programme. Croisons les doigts. Alléluia !








Bon, ça ne vaut pas les véhicules que l'on peut trouver dans le coin, notamment les vans Wicked, mais quand même, c'est pas trop mal, non?








Après nos mésaventures dans l’outback et l’aridité du désert, Broome nous a semblé être un véritable havre de fraîcheur. Certes plus petite que Darwin, la ville s’étend sur une péninsule, cernée par l’océan, et offre donc un climat agréable, frais à souhait, et de superbes plages où nous avons pris le temps de nous reposer. En compagnie des loustics, nous nous sommes baignés dans l'eau turquoise de Town Beach, et avons assisté aux merveilleux couchers de soleils de Cable Beach, réputée comme l'une des plus belles plages d'Australie. Ludo, prof de gym de son état, nous a même régalé d’une démonstration acrobatique à contre-jour. J’aurais aimé l’accompagner, mais je dois me résigner au fait que j’ai énormément perdu en souplesse, et que mes articulations ne tiennent plus que par magie. Que voulez-vous ? La vieillesse finit par tous nous rattraper ! C'en est fini des galipettes, ma bonne dame! Toutefois, nous avons assisté à un concert de percussions sauvage, et c’est avec bonheur que nous sommes entrés dans la danse, en compagnie de vieux hippies et de jeunes kepons, et que j’ai sauté sur l’occasion de rejouer au djembé, agrémentant le tout de solis endiablés. Puis nous avons rencontré moult backackers, tous plus cramés les uns que les autres, mais notre coup de coeur est allé à Caro et Max, deux trublions rieurs et assoiffés (qui ne sont pas ensemble malgré leur passion commune pour le mérou) qui nous aurons bien fait rire, et ce jusqu'au bout. Cela nous a fait un bien fou.



















Malheureusement, il n’y a pas que du bon : ici aussi, les backpackers ne sont pas les bienvenus, et dès la deuxième nuit, alors que nous étions bien cachés au fond du bush, nous avons eu droit à un réveil matinal forcé par un ranger scrupuleux. Nous n’avons écopé que d’un avertissement ; mais si nous nous faisons reprendre, nous risquons une amende, et au bout de la troisième fois, ils n’hésitent pas à apposer des sabots aux roues du véhicule. Vivement que nous repartions ! Surtout que Ludo nous a quitté, en prenant un avion pour Melbourne, et que Paul et Audrey vont rester un peu en ces lieux. J’espère toutefois que nous aurons l’occasion de les recroiser plus tard sur la route, car on a fini par s’attacher tout de même ! Si tout se passe bien, donc, le prochain article devrait vous exposer nos pérégrinations à travers le « Grand Désert de Sable » et les canyons du Karijini Park. D’ici là, prenez soin de vous, mettez un lainage, ne mangez pas la neige jaune, et surtout, ne suivez pas les lapins blancs ! A bientôt !